vendredi 9 décembre 2016

Lettre 4- Pour la liberté de Asli Erdogan




De partout monte la clameur en votre faveur, la tienne, entre autres.
On te lit, en particulier, ton « Bâtiment de pierre ». On rassemble, pas toujours les foules, mais lentement ça finit par le faire.
Ainsi nous évitons le pire : que cette exaction devant notre porte ne tombe dans un silence qui nous rendrait coupable de non assistance à liberté en danger.
Nous mesurons, malheureusement très minoritaires ce que veulent dire ces barreaux, et le silence gouvernemental qui les accompagne.
Car il semble bien qu’Europe et ses gouvernements fassent le choix de soutenir tes geôliers, tant leur peur et grande de voir le mot peuple revendiquer son droit à prendre en main son propre sort.
Ils nous aiment couchés, larmoyants, cloîtrés dans nos univers consuméristes fumeux.

Bien sûr ils avancent toujours le mot démocratie, ils le psalmodient tant et tant qu’à la fin il demeure, petite coque vide, sur les autoroutes où s’avancent les idées rances, les buffles hideux, les vents mauvais.
Ces ils ont des noms, des visages, ils ont des soutiens dans les immondes coursives où se négocient le ciment et les parpaings de ta prison.
Leur fortune est l’arme de destruction massive de notre dignité humaine.

Nos mots sont peu de chose. Les miens ne sont que maigre pansement sur la plaie ouverte de vivre dans un monde qui revient sans cesse à ses pires tourments.
Je ne suis qu’un maigre plumitif de province. Mes livres ne franchissent la porte que d’une librairie : celle où, samedi dernier encore je donnais à entendre tes mots et ce réel qui nous emprisonne.
Une journaliste est venue. Son article est sorti hier, ouvrant encore un peu la brèche dans ce rempart de silence.

Ce matin, j’irai écouter mon fils jouer « Les barricades mystérieuses », de François Couperin. Je voudrais et je sais qu’il le fera, qu’à l’instant de poser ses doigts sur son clavecin, il pense à ces murs que dressent les hommes autour de notre liberté pour en restreindre le champ.
J’aimerais que ses notes s’envolent jusqu’à Bakirköy, franchisse tous les obstacles et t’ouvrent cet espace où tes mots danseraient avec les noires et les blanches, dans le tourbillon d’une vie à poursuivre au grand air.

Une fois ta liberté retrouvée, nous aurons encore tant à écrire pour que nos livres, nos musiques se fassent digues contre tous les obscurantismes.
La tâche est immense et nous serons toujours des phares d’espérance, même au plus vif des tempêtes qu’avides pouvoirs déclenchent.

Ici, notre premier ministre est parti. En partant il a semé ses graines de Turquie en paraphant un décret qui tue l’indépendance de la justice. C’est le signe s’il en fallait un que la gangrène totalitaire qui ronge ton pays est ici aussi à l’état latent.
Elle n’attend que la baisse de notre vigilance pour jaillir au grand jour et museler pour longtemps toute revendication de dignité.

Je voudrais ne pas avoir à t’écrire, la semaine prochaine. Je voudrais apprendre que tu aurais enfin franchi les portes de cet enfer, libre et lavée de ces soupçons sans fondement qui t’accablent.
Je voudrais pouvoir revenir au silence qui est mon habitude pour te laisser poursuivre ton oeuvre bien plus palpitante que mes maigres propos.
Je voudrais, cependant, au moins une fois te rencontrer, lorsque tu seras libre, et t’emmener contempler les cimes qui dominent mon pays et qui sont le ferment d’une pensée libre.
Nous nous assiérons sur un rocher pour regarder le soleil couchant dorer rocs et neiges. C’est dans cette beauté que nous tremperons encore nos plumes pour révéler à nos semblables la nécessité de préserver la vie.

Dans l’espoir de ta libération, je t’écris mes plus amicales pensées.


Xavier Lainé, Manosque, 10 décembre 2016

mardi 6 décembre 2016

J'ai perdu le goût



"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés

J’ai perdu le goût voyez-vous
De ces moments d’intense vie publique
De ces affiches avec nom en gras
Vite recouvertes d’autres plus tonitruantes

Ma vie désormais
Se blottit dans la marge du monde
Refuse les pleins feux
L’artifice d’une célébrité passagère

Je me fonds dans l’anonymat du jour
Chaque heure à ne rien faire
Est un délice offert
A cette vie qui se traîne
Dans l’épuisement des heures

Bien sûr comme chacun
J’ai rêvé en prime jeunesse
D’accéder à la notoriété
Comme médaille au revers de reconnaissance

D’épreuves en épreuves
Il fallait admettre
Que le fleuve pouvait couler


Dans le lit des volontés farouches

Extrait de "Gammes", carnets inédits

© Xavier Lainé, avril 2011, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015, février-novembre-décembre 2016




dimanche 4 décembre 2016

Rien d'autre que flou


"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés


Rien d’autre que flou
Que vague
Regard perdu en brumes
Et vivre à la marge


Rien à voir avec l’affluence
Rien avec les délires
Avec la violence
Venant avec le pire


Me voilà posé
Devant les frondaisons obscures
Arbres centenaires
Droits poussés vers l’azur


Nul ami ni main tendue
Nul sur qui poser l’ombre d’un soupir
Nul auprès de qui alléger la charge

Tout tenir à pleines mains
Avant que de fatigue elles cèdent



Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, avril 2011, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015, février-novembre-décembre 2016




samedi 3 décembre 2016

Etre ailleurs désormais



"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés

Être ailleurs désormais
Réfugié aux frontières des soupirs


A l’indigence de la pensée créative
Je répondrai
« Nous n’avons qu’une vie
Qui méritât d’être vécue »


A la question
« Qu’est-ce que philosopher ? »
Répondrons-nous par la psalmodie des philosophes ayant existé
ou
puisant au fond de nous-mêmes
nous chercherons la réponse
aux pourquoi de notre enfance ?


A ceux qui vivent sans questions apparentes
je dis
« Quelle chance ! 


Mais pourquoi donc ne la mesurez-vous pas plus ? »

Extrait de "Gammes", carnets inédits

© Xavier Lainé, avril 2011, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015, février-novembre 2016




vendredi 2 décembre 2016

Lettre 3 - Pour la liberté de Asli Erdogan




Je sais mes deux premières lettres parvenues en Turquie, mais jusqu’à toi ? Peut-être n’en saurai-je jamais rien.
Car le temps se fait long dans ce bâtiment de pierre où sont enfermés tes mots. Ils comptent certainement sur ce mur du temps. Il nous faut résister à son usure.
Deux de tes livres sont désormais ici sur ma table. Sur le deuxième, ton éditeur français a modifié la quatrième de couverture pour tenir compte de ces murs qui te retiennent, qui vous retiennent. Car, si tu es l’emblème de cette ignominie qui s’épanouit aux portes d’Europe sans qu’elle daigne s’en préoccuper, il ne nous faut pas oublier tes amis journalistes qui, comme toi, attendent, en vain, un geste qui ne vient pas.

Ici, nous sommes les témoins médusés des faux débats. Des hommes et des femmes se battent comme des chiffonniers pour devenir grands vizirs et suivre la voie que suivent tous les despotes démocratiquement élus.
Certains annoncent la couleur, d’autres beaucoup moins. D’autres encore tentent de fédérer les insoumis. Mais aucun ne parle de cette tragédie à nos portes, d’Alep en cendre où s’endorment nos derniers rêves, de ces entraves à la démocratie dont tu es une victime éclatante.
On parle d’autre chose, comme si rien de ce que tu endures ne pouvait nous arriver. Et pourtant…

Samedi dernier, j’ai lu, avec ma libraire dressant son oreille attentive. Un homme était dans la librairie avec son fils. Il a abandonné ses recherches pour écouter, lui aussi. Nous avons pu parler un peu, un tout petit peu.
C’était peut-être l’embryon de quelque chose. Tenace, je serai de nouveau à mon poste, ce matin, tes livres à la main. Une journaliste locale nous a contacté, s’est renseignée sur ton sort, et devrait suivre mon acte de présence pour en parler.
Si nous savons les mots, c’est pour les dire, c’est pour dire l’odieux d’un temps où les A. se font si nombreux à baisser la tête sur nos trottoirs gelés, parfois jusqu’à s’affaisser sans même pouvoir raconter ce qui fut leur histoire, que nous n’aurons jamais assez de pages pour leur donner la parole qui manque.

Nous serons d’éternels amputés du coeur tant qu’une seule de ces histoires tombera du haut du cinquième étage pour disparaître dans les geôles d’un temps qui n’a rien compris de ses épreuves passées.
Nous serons les jouets des sinistres qui veillent à réguler nos humeurs, à les diriger vers l’opium des consommations, si nous ne nous élevons pas dès que l’espoir d’un mot et de ses lettres sera trainé dans la boue d’une histoire qui se répète à l’infini.
« Si l’on veut écrire, on doit le faire avec son corps nu et vulnérable sous la peau… » écris-tu.
Si l’on veut écrire avec ce corps nu et vulnérable, il nous faut tremper notre plume dans le sang et les larmes que notre nudité, exposée au froid glacial du silence complice, nous fait verser, juste avant de basculer du toit vers les barbelés.
Nous ne sommes pas prêts à voler, alors nous nous dressons, de plus en plus nombreux, pour que nos corps et nos coeurs nus puissent se tenir chaud, que nos mains munies des pinces coupantes que sont nos mots viennent rompre les barrières qui protègent encore les portes tenues de mains fermes par vos tristes geôliers.

Nous volons du temps pour que le décompte des jours s’arrête, ou qu’il bascule du côté du mot VIE avec ses lettres de feu réunies en bon ordre.
Nous volons du temps dans l’espoir que s’arrête ce cauchemar et qu’enfin les complicités dénoncées, les armes qui tuent la parole, soient vouées à la décharge de l’histoire.
Nous volons du temps pour qu’un jour, dansant sur nos frontières ouvertes, nous puissions festoyer et instaurer le droit d’errer en toute liberté.
Nous volons du temps pour que les barreaux tombent un à un, libérant du même coup corps et paroles, en un joyeux tohu-bohu d’histoires emmêlées.

Dans l’espérance que mes mots allègent tes tourments et avec toute mon amitié solidaire.

Xavier Lainé

Manosque (04-France), le 3 décembre 2016

vendredi 25 novembre 2016

Lettre 2 - Pour la liberté d'Asli Erdogan




« Pourtant, malgré tout, apprends à écouter la vie et son « chant d’une merveilleuse beauté », tant que ton esprit en sera capable. » C’est dans « Une visite surgie du passé », une de tes nouvelles contenues sous le titre « Les oiseaux de bois ».
J’aurais aimé savoir te lire dans ta langue, ne pas avoir à passer par la traduction. Mais je suis un peu handicapé, de ce côté. Ma langue a du mal à se faire multiple. Peut-être d’ailleurs a-t-elle du mal à explorer déjà la sienne propre…

Car j’ai enfin pu accéder à un de tes ouvrages. Il semble bien que déjà, ils aient perdu le combat : tes livres deviennent difficiles d’accès et doivent être réimprimés sans cesse. Nous avons au moins gagné ça : ta parole démultipliée qui se met à résonner de demeure en maison.
Pas plus tard qu’hier, demandant à mes amies musiciennes de pouvoir lire un fragment de ton écriture, ce soir, en introduction à leur concert, ici, dans ma maison, je dû leur expliquer ton parcours ou du moins sa partie connue, et les raisons iniques de ton emprisonnement, le silence de l’Europe, le soulèvement en ta faveur des écrivains de ce même territoire. Elles sont parties toutes les deux avec ta bibliographie, fermement décidées à commander tes livres auprès de leur libraire…

C’est un travail de fourmi qu’il nous faut accomplir. Quelques médias, bien sûr, parlent de toi, de ce qui se passe devant notre porte, mais dans leur immense majorité, ils se taisent.
C’est d’ailleurs une de mes inquiétudes : j’observe que seule la communauté des livres réagit encore à cette absurde chasse aux sorcières qui atteint ton pays. Les autres, citoyens lambda semblent traverser cette période lourde de nuées dans un semblant d’indifférence.
En quelque sorte, l’emprise médiatique contribue à notre isolement. L’écrivain serait ce pédant qui du haut de son écriture  aurait leçons à donner au petit peuple.
Je constate avec angoisse que c’est cette image qu’avec fiel, presse, télévisions, salons du livre, et autres festivals finissent par colporter et entretenir. Nous serions de ces gens incapables de vivre la vie du commun et qui par leur écriture viennent imposer leur vision des choses.
C’est avec amertume que j’ai vécu ainsi ma première tentative de lecture devant ma librairie préférée, samedi dernier. Bien sûr, deux ou trois personnes de passage mais qui ne s’arrêtèrent pas, ma libraire et moi. Je me suis posté devant, et la foule compacte du samedi matin, jour de marché, déambulait dans la rue, juste au bout de la place. J’en ai vu passer qui m’avaient juré, pourtant, qu’ils viendraient. Mais qui ne se sont pas détournés, ne serait-ce qu’une seconde…

Alors, têtu, je vais retourner, ce matin. Ma gorge est en feu depuis deux jours, mais je trouverai bien la force de lire à haute voix les petites merveilles de mots glanées dans ce seul livre reçu cette semaine et aussitôt dévoré.
J’ai une grande méfiance pour ma parole. Je n’ose guère aller vers, la sortir des pages écrites en secret en mon antre où les piles de livre ont leur vie propre.
Je préfère prêter mes lèvres et ma langue à ce que recèle de vérité universelle ce que tu as écrit et que je découvre grâce à ces barreaux posés sur ton ciel.
Je rêve du jour où je pourrai te recevoir libre, ici, et nous repeindrons le monde aux couleurs d’un arc-en-ciel de beauté.

Je ne sais combien de temps encore les cyniques qui président au sort de ce monde figé, sale et gris, pourront impunément oeuvrer à la ruine de l’esprit humain, instillant la peur comme talisman dogmatique à toute pensée libre et vivante.
Je ne sais…
Ta libération serait le signe que nous n’aurons pas écrit en vain, et que nos rêves de vie brûlante et palpitante offerte à toutes et tous pourraient enfin suivre les sentiers un instant perdus de notre humanité à construire.

Déjà, les dirigeants de ton pays changent de ton et en arrivent au chantage. C’est le signe que nous n’oeuvrons pas pour rien et que nos mots sauront scier les cadenas qui t’enferment.
Je ne sais si ma précédente lettre t’est enfin parvenue. Je rendrai publique celle-ci, comme la précédente, pour que toi et tous ceux qui subissent ton sort ne demeuriez pas dans l’oubli.

Avec toute ma solidaire amitié.

Xavier Lainé


Manosque (04-France), le 26 novembre 2016

vendredi 18 novembre 2016

Lettre 1 - Pour la liberté d'Asli Erdogan




« Quand Michelle est en marche, elle tient tête au monde entier » écrivais-tu dans Le Mandarin miraculeux.
C’est donc avec elle que je me mets en chemin.
Il serait si long, celui qui me conduirait, de ma demeure au bord des Alpes aux portes de la prison où défunte démocratie te tient au secret !
Je serais bien allé rejoindre celles et ceux qui se tiennent déjà devant les murs qui se sont refermés sur nos rêves. Je n’ai pas d’autre solution que d’aller te rendre visite par les mots, me glisser ainsi, peut-être, si tes gardiens laissent filtrer ma parole, entre ces iniques barreaux d’un temps que nous aurions tous souhaité révolu.

Mais peut-être ta mise au secret, ainsi que l’enfermement des centaines d’écrivains et journalistes est-il le signe que ces temps là touchent à leur fin et que le corps agonisant de ce vieux monde se raidit une dernière fois avant d’expirer.
Je préfère regarder ainsi les choses pour ne pas demeurer toujours au sombre où les petits dictateurs aiment nous voir réduits.

Je viens avec mes mots. Je tente de les rassembler sur les pentes de mon pays où la neige fait sa première apparition. Je vais les mener plus bas pour un hivernage, puisque de tous côtés montent les fumées d’une saison froide pour celles et ceux qui dorment sur les trottoirs.
Je viens avec mes mots, sans doute si maladroits qu’ils ne franchiront pas le seuil d’une censure qui vise à faire taire les livres.
Ils ne savent pas, les pauvres, que nul n’a jamais pu imposer silence aux pensées, qu’elles sont phénix renaissant toujours des cendres de toutes les guerres, de toutes les dictatures.

Ici nous n’en sommes qu’à la sensure. Je pique le mot à mon ami Bernard Noël. Elle est une blessure légère, mais nous devrions voir que, sauf ta libération et celle de toutes celles et tous ceux qui croupissent en ces geôles d’infamie, le glissement sémantique d’une lettre pourrait s’étendre et contaminer toute l’Europe.

Je ne te connaissais pas avant que les barreaux se referment sur ton ciel. Faut-il que je remercie tes bourreaux de m’avoir ouvert à ta plume ? Je n’irai pas jusque là. Peut-être aurait-il été préférable qu’aucun de tes livres ne fasse irruption aussi brutale dans mon univers de mots et de rêves.
Mais puisque désormais tu es là, dans l’ombre de la pièce où ce matin je t’écris, comme je le ferai chaque semaine jusqu’à ta libération, je vais chaque jour te lire un peu plus. Ce sera comme le signe de cette liberté que tu vas retrouver, que nous construirons toutes et tous sans limite de frontières.
Puisque nos mots ne connaissent pas les barbelés et les douanes. Ils ont cette liberté extraordinaire de nous conduire bien au-delà du silence complice entretenu sur la mise à mort d’une démocratie, devant notre porte.

Dans l’espoir que ma lettre ne reste pas poste restante, et pour éviter qu’elle tombe dans l’oubli, je m’en vais de ce pas la rendre publique, avant même qu’elle te parvienne.
Ce sera juste avant que j’aille sur la place publique lire quelques extraits de tes ouvrages. Ce sera jour de marché et tes mots vont résonner dans les ruelles, tenant à distance l’hiver qui nous guette.

Bien à toi, et en te remerciant de nous avoir ouvert les yeux sur ce qui nous attend, si toutefois tes juges poursuivaient leur outrage.
Amicalement.

Xavier Lainé


Manosque (04, France), le 19 novembre 2016