lundi 29 août 2016

Fin de partie...




"En tant que professionnel de la kinésithérapie, vos activités exterieures, ne peuvent faire l'objet d'une déduction fiscale.
Veuillez par conséquent, réintégrer, tous les achats ayant un rapport avec vos activités d'écrivain, auteur, poète." dixit ARAPL Provence...
Au nom du fisc et de ses inquisiteurs, veuillez considérer à partir de ce jour tous mes mots comme ne faisant pas partie de mes activités professionnelles, et comprendre mon silence total...
Je reviendrai dans une autre vie, lorsque la société française sera moins débile et bornée...

Xavier Lainé qui persiste et signe

dimanche 28 août 2016

Etat chronique de poésie 2912





2912

Toi mon enfant derrière la vitre
Ton petit visage triste
Qui s'éclaire à mon baiser
Jamais ne pourra mesurer
Le vide derrière toi
.
Sans doute est-ce un tort
De te dire mon enfant
Puisque tu ne m'es que prêté
Pour un temps déterminé
.
Pourtant me voilà gauche
Les larmes au bord des yeux
Lorsque tu fermes ta petite main
Dans un ultime geste d'adieu
.
Je pleure en silence
Pour que nul ne me voit
Je garde sur mon épaule
Ton dernier câlin
Et l'empreinte indélébile
De tes lèvres sur ma joue

*

Je vais depuis
Un peu hagard
Un peu éteint
Ne sais plus très bien
Que faire de ces jours
.
Je programme une marche
Y renonce finalement
Me tourne vers le ciel
Y cherche justification
De cette flemme
.
Les cimes me narguent
Mais n'arrive plus
Comme si vie de famille
Avait ôté le goût des grands espaces

*

A l'aube d'un nouveau jour
Je ne sais si je dois
Faire face aux colères potentielles
D'un temps suspendu à mes rêves
J'hésite et demeure las
.


8-12 juillet 2016

© Xavier Lainé, juillet 2016, tous droits réservés

samedi 27 août 2016

Etat chronique de poésie 2911





2911

Trop chaud pour encore bouger
Pourtant faudrait
Trop soif aussi
Pourtant faudrait
.
Faudrait se lever
Trouver la force encore
De se soulever
Poing rageur

*

Tu tournes en tes pensées
Broies du noir
En ta cervelle qui n'en peut mais
.
Morts sous les bombes
D'aveugles et serviles
Morts au fond des mers
Fuyant les premiers
Et la misère qui se répend
Au delà des déserts
Morts sous les coups
Au coin de ta rue
.
Toujours la régression
Qui aspire ta vie
Qui tarit tes larmes
Dessèche les rues
Assèche les cœurs
Brise les vertus

*

Tu vas partir
Hein
Tu vas partir
.
Tu vas fuir cette sinistrose
Tourner le dos à cette petite léthargie
Prendre d'autres sentiers
Où penser sans que nul ne vienne
Te dicter actes et paroles
.
Au bord des cimes
Tu graveras dans le ciel
Ta soif d'un peu de légèreté
Juste avant de sombrer de nouveau
Te noyer dans ce monde vain
.


7 juillet 2016

© Xavier Lainé, juillet 2016, tous droits réservés

vendredi 26 août 2016

Etat chronique de poésie 2910




2910

Tu voudrais bien
Vivre avec légèreté
Parfois même tu envies
Celles et ceux qui vont
La pas léger
L'air insouciant
Et semblent traverser
Le détroit de chaque jour
Comme papillons
De fleur en fleur

*

Tu voudrais bien
Aller le cœur léger
Déposer l'ombre des soucis
En l'urne funéraire
D'un passé révolu
.
Te voilà pourtant
Ouvrant portes et fenêtre
Dans l'accablement
D'un nouveau jour à subir

*

Tant souvent
Ta vie se décline au passé
Tu vogues en éternels regrets
De n'avoir pas su
Pas pu
.
Tu voudrais trouver
Temps à ta mesure
Travailler ces mémoires
Qui se fissurent
Avant de s'éteindre
.
Le phare du passé
Edulcoré à loisir
Brille sur tes heures

*

Tu sais pourtant
En quelle âpre vie
Se déclinèrent les existences
.
Ils en ont tant vu et subi
Qu'aujourd'hui leur semble léger
Quand tu trouves chaque minute de plomb
.


6 juillet 2016

© Xavier Lainé, juillet 2016, tous droits réservés

jeudi 25 août 2016

Etat chronique de poésie 2909





2909

C'est un jour sans qualité
Un jour d'épaisse défaite
De sentiment d'impuissance
Où vote ne fait plus sens
.
C'est un jour sans qualité
Un jour d'heures perdues
A chercher en vain
A quelle branche d'espérance
Se retenir encore

*

Car glisser
Dans la moiteur de cet été
Qui nous abreuve
De ses mauvaises nouvelles
.
Glisser toujours plus loin
Dans l'infâme et le vulgaire
Puisqu'il n'est plus
La moindre limite
Au mensonge dérisoire

*

Puis mourir
Déçu de n'avoir su
Vie durant
Imposer cette infime dose
Qui nous aurait porté
Vers plus d'humanité
Sans savoir
A quoi ça rime
.
Mourir
Sous le poids des larmes
Plonger aux abîmes
Où voguent entre deux eaux
Les milliers de cadavres
Sans sépulture
*
Un monde agonise
Emportant avec lui
Nos rêves fous
Réduisant à néant
Nos moindres utopies
.
Un monde agonise
.


5 juillet 2016

© Xavier Lainé, juillet 2016, tous droits réservés

mercredi 24 août 2016

Etat chronique de poésie 2908





2908

Parfois me dit
Qu'en allant
Sur le chemin de mémoires
Défaillantes
Nous finirons
Par n'être plus
Qu'ombre de nous-mêmes
.
Vient l'heure de vacances
Savez-vous
Cette chose si récente
Que nul ne dit plus
En quoi le mot
Ni comment
S'est si bien répandu
Qu'il paraît presque
Une normalité
.
Mes arrières grand-parents
N'en savaient rien
Ils trimaient
Oeuvraient
Ne se posaient jamais
La question du repos
.
Car leur condition était
De se mettre à l'ouvrage
Pour survivre encore un jour
L'orage de l'histoire
Les poussait un peu plus loin
Sitôt arrivés
Se mettaient à l'oeuvre
Sans un temps de répit
.
Savez-vous combien de morts
A la porte des mines
Combien de luttes
Pour vos cinq semaines
Personne n'en dit mot
Nul n'en parle
Des fois que vous pensiez
A vous mettre en révolte
Pour en obtenir un peu plus
.
Ainsi va le rouleau compresseur
.


4 juillet 2016

© Xavier Lainé, juillet 2016, tous droits réservés

mardi 23 août 2016

Etat chronique de poésie 2907





2907

Petit vent frais
Sur l'épaule de l'aube
Ici nous sommes
A l'orée des sentiers
Perdus avant que d'être

*

Je t'ai attendu au sommet des collines
Et tu n'étais pas là
.
Je t'ai attendu au versant des sentiers
Et tu n'étais pas là
.
Je t'ai attendu à l'ombre des grands pins
Et tu n'étais pas là
.
J'ai suivi les chemins de l'ombre
Traversé des ville sans âme
Observé la lente désespérance
Où glisse le monde abandonné
.
Tu n'y étais pas

*

J'avais soif
Tu ne m'as pas abreuvé
.
J'avais faim
Tu ne m'as pas rassasié
.
Je me noyais
Tu regardais ailleurs
.
Car toujours
Tu vas vers d'autres urgences
Tu as une oreille sélective
Aux appels qui se multiplient
A l'horizon de toutes choses

*

Puis
Lorsque s'élève
La tumultueuse révolte
Tu rentres chez toi
Fermes ta porte à double tour
Te blottis craintif
Devant ton poste qui ne diffuse que fadaises
Tu meurs de cette mort solitaire
.


3 juillet 2016

© Xavier Lainé, juillet 2016, tous droits réservés