lundi 22 mai 2017

-Dit du 1er mai 2017-








Tournent 
Tournent dans ta tête
Les mots impossibles
Pour ne pas attiser
Haines et rejets

Cultives
Cultives ta terre
Ton enclave de paix
A l’ombre de noisetier bienveillant


Venez donc les gens
Ici nous pourrions fomenter
Les bases d’un autre jour
D’une autre heure

Qu’aurions-nous donc à perdre
Sinon un peu de temps
Qui tel que sont les choses
Ne nous rapporte guère


Ouvrez
Ouvrez donc vos ouïes
Laissez vos coeurs chanter
Marchons sur la terre boueuse
D’après les orages 

Nous nous savons périssables
Nous aurions dû nous causer plus tôt

Pour éradiquer nos monstres


© Xavier Lainé, mai 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

dimanche 21 mai 2017

-Dit du 30 avril 2017-









Qui pourrait affirmer ne pas commettre d’erreur
Et d’abord s’en fut une que d’avoir été aveugle

Qui pourrait affirmer ne jamais se tromper
Dès lors que tout concourt à se fourvoyer

Bien savant celui qui saurait prétendre
Qu’aujourd’hui comme hier
Devant le mur d’argent et de complot
Il serait capable de viser juste


Il te reste à jalonner de silence
La suite infinie des mots
Ici et là les insultes pleuvent
Quand il faudrait savoir regarder
Voir et écouter les sourdes plaintes

Toujours ne vous préoccupez que de vous
Non que vous ne soyez pas dignes de cet intérêt
Mais


Voyez comme nous avons rêvé
Quelle souffrance c’est
Que de devoir se contenter d’un maigre triomphe

Nous avons rêvé et nous sommes arrêtés
Si près d’atteindre le but
Que rage en dedans s’exprime
A la mesure de nos silences imposés

Nous ne désarmerons pas


© Xavier Lainé, mai 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

samedi 20 mai 2017

-Dit du 29 avril 2017-







Tu crois un instant sortir la tête
Respirer à la surface
Mais voilà que botte s’en vient

Tu étouffes
Tu cherches quoi vendre
Sinon te vendre
Pour enfin respirer un peu

Les tortionnaires sont là
Ils auront demain tous pouvoirs
De te noyer sous les dettes


Ainsi va ta petite vie
Elle s’égosille un moment
Court les rues
Bât la campagne
Elle a parfois des ferments de victoire

Aussitôt te voilà affaissé
Sur le bord du chemin
Agonisant sous la charge
Travaillant pourtant
Travaillant

Pour rien


C’est ce rien qui t’obsède
Qui fit de toi un candidat

A la mort précoce


© Xavier Lainé, mai 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

lundi 15 mai 2017

-Dit du 28 avril 2017-








Tu contemples le désastre
Vindicatifs en diable
Volent les propos de fiel

Ha! Comme ils doivent rire
Eux
Qui en rêvaient


Tu écourtes ta nuit
Sommeil en berne 
Angoisses et mauvais rêves
Te laissent bien avant l’aube
Epuisé d’être là
Devant tes impuissances


Une fois de plus
Te voilà tombé du mauvais côté
Comme tortue sur le dos
Tu ne sais comment te rétablir

C’est là que s’en viennent
Les éternelles ritournelles
Quel que soit ton choix
Elles viendront retourner
Le couteau des culpabilités
Dans ta plaie de n’avoir vécu
Que pour cette destruction

Tu rêves d’un endroit solitaire

D’un endroit solidaire


© Xavier Lainé, mai 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

vendredi 12 mai 2017

-Dit du 27 avril 2017-







Tu restes stupéfait
Le spectacle n’est que mauvais théâtre

Tu sens la nausée qui monte
De devoir encore assister à cette pantomime

Décalé 
Certes tu es en décalage
Tu ne pensais pas la fracture
Si profonde et douloureuse

Au nom de qui parlent les fantômes
Au nom d’un peuple absent


Pas en ton nom
Ce serait souillure
Que de leur reconnaître ce droit

Souillé tu l’es depuis si longtemps
Ils t’ont si souvent dépossédé
Au nom de principe inavouables


Désormais tu suis les sentiers clandestins
Demain peut-être apatride
Tant que faire se peut
Tu refuses de fuir

Lorsque tu te lèves matin
Pensées engluées de cette fange du temps

Tu rêves encore d’une issue


© Xavier Lainé, mai 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

jeudi 11 mai 2017

-Dit du 26 avril 2017-






« Je n’ai pas été aux écoles, vous savez », qu’elle me dit lorsque je lui tendais un stylo.
« Fallait que je m’occupe des enfants, vous savez », qu’elle dit.
La voici d’une main tremblante, posant sa signature en alignant des bâtons hésitants.

Mon coeur fond et mes pensées s’accélèrent
Qui suis-je à vous regarder vivre
Si vivre peut-être posé
Sur vos existences balbutiantes
Ecorchées et précaires

Me voilà témoin sachant écrire
Chance qui n’est pas donnée à toutes et tous


Réduit à ce rôle 
A défaut de trouver les mots
Qui changeraient quelque chose
À vos survies miséreuses


De quoi pourrais-je parler
En pays qui oscille toujours
Entre peste et choléra

A toujours soutenir le moins pire
On ne fait que descendre aux enfers
Sans même un fil d’Ariane
Qui saurait nous indiquer
Une sortie honorable

On descend

On ne fait que descendre


© Xavier Lainé, mai 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

vendredi 5 mai 2017

-Dit du 25 avril 2017-









Je vous ai vus entrer, si timides d’avoir franchi la porte.
Vous ne vous connaissiez aucun pouvoir, mais, là, avec votre enveloppe dans vos mains usées par le travail, vous voilà tout à coup, détenteur d’un autre visa.
Vous rentrez dans l’isoloir, jetez rageusement quelques papiers dans la corbeille, et sortez, petit sourire en coin, ravi d’accomplir un acte qui vous échappe ensuite.

Je ne vous ai pas parlé
Je vous ai regardé
Je vous ai admiré

Emu
Terriblement
De n’être rien 
De recueillir votre petit papier
Avec votre sourire lointain

Si peu vous est donné
Contre votre labeur

Vous avancez usés
La corde menace toujours
De se rompre 
Précipitant vos vies
Au précipice des misères

Nous partageons si peu
Ce monde nous pose tant de barrières
Je vis si loin de vous
Que vous observant si frêle et peu certains
Mes bras auraient aimé s’ouvrir
 Vous offrir un maigre réconfort

J’aurais aimé vous offrir une victoire


© Xavier Lainé, mai 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés